L’impact du stress sur votre cycle menstruel




Le corps de la femme se prépare à une grossesse éventuelle chaque mois. Le cycle menstruel fait partie de cette préparation. Bien comprendre son fonctionnement permet d'améliorer vos chances de devenir enceinte ou d'éviter de le devenir, de bien gérer vos symptômes menstruels ou de détecter tout problème.


Le stress correspond aux mécanismes d'adaptation de votre organisme face à une situation. Si celle-ci se prolonge ou que les sources de stress sont répétées au quotidien, votre réseau psycho-neuro-endocrino-immunitaire (PNEI) se trouve déséquilibré. Ce mot compliqué englobe une approche transversale entre quatre grandes fonctions vitales : les émotions (psycho-), le cerveau (neuro-), les hormones (endocrino-) et l’immunité (-immunitaire). Et oui, tout est lié ! En naturopathie, on parle d’approche holistique, vous êtes « un tout », à la fois corps et esprit. Et en fonction de la source du problème, une approche pluridisciplinaire est à envisager.


Crise sanitaire, climat anxiogène, changement des habitudes de vie, télétravail, séparation, activité sportive intense ou même mariage, nouveau travail, emménagement avec votre moitié… tous ces événements, qu’ils soient négatifs ou positifs, sont sources de stress et peuvent impacter le déroulement hormonal de votre cycle menstruel.



Déroulement du cycle menstruel de la puberté à la ménopause


La durée d’un cycle varie selon les femmes, mais elle est généralement comprise entre 23 et 35 jours.


Le cycle menstruel est sous le contrôle de l’axe hypothalamo-hypophysaire et des ovaires qui exercent un rétrocontrôle sur ce complexe.


Quelques définitions pour mieux comprendre !


Les hormones sont des substances chimiques sécrétées par des glandes endocrines telles que l’hypophyse dans le cerveau, la thyroïde et les parathyroïdes, les surrénales au niveau des reins, le pancréas… Les hormones sont libérées dans la circulation sanguine pour agir de manière spécifique sur un ou plusieurs organes cibles afin d'en modifier le fonctionnement.


L’hypothalamus est une zone du cerveau de la taille d’une amande. Il appartient au système nerveux et agit comme un chef d’orchestre sur le système endocrinien. Il sécrète des hormones qui vont agir sur l’hypophyse en régulant la sécrétion d’autres hormones.


L’hypophyse est une petite glande endocrine de la taille d’un raisin qui se situe à la base du cerveau. Elle secrète des hormones sous l’impulsion de l’hypothalamus afin de stimuler d’autres glandes endocrines de l’organisme (les ovaires par exemple).


Le rétrocontrôle hormonal est le processus par lequel les hormones qui circulent dans le sang agissent sur les tissus des glandes qui les élaborent ou qui stimulent leur production. Ainsi, l'hypophyse est capable de mesurer le taux sanguin d'une hormone et d'agir en retour sur la glande responsable de la sécrétion de l'hormone en cause pour en ajuster la production aux besoins du moment.



Déroulement du cycle ovarien


L’hypothalamus secrète une hormone, la GnRH (Gonadotropin-Releasing Hormone ou gonadolibérine), aussi appelée LHRH (Luteinizing Hormone Releasing Hormone ou lulibérine), afin d’agir sur l’hypophyse. L’hypophyse va alors secréter et libérer d’autres hormones dans le sang pour agir sur les ovaires :

  • une hormone qui stimule les ovaires tout au long du cycle, appelée FSH ou hormone folliculinostimulante.

  • une hormone sécrétée en abondance autour du 14ème jour du cycle qui déclenche l’ovulation, appelée LH ou hormone lutéostimulante.


Les sécrétions hormonales de l’hypothalamus et de l’hypophyse s’effectuent selon un rythme mensuel en lien avec le cycle menstruel et selon un rythme journalier. Leur fréquence est variable selon le jour du cycle et selon le moment de la journée.


A chaque cycle, sous l’action de la FSH et la LH, un des follicules ovariens contenus dans l’ovaire évolue, produit un ovocyte et sécrète des hormones sexuelles, les oestrogènes et la progestérone. Les concentrations de ces hormones varient en fonction du stade d’évolution du follicule.


Le cycle ovarien est divisé en 3 phases et dure en moyenne 28 jours.

  • La première partie du cycle est la phase préovulatoire ou folliculaire. La FSH stimule la maturation des follicules ovariens et leur sécrétion d’hormones sexuelles, les oestrogènes. Elle dure environ 14 jours.

  • En milieu de cycle, autour du 14ème jour, une forte sécrétion de LH stimule le follicule mûr et déclenche la libération d’un ovocyte prêt à être fécondé : c’est l’ovulation. L'ovule commence alors son parcours dans la trompe de Fallope en direction de l’utérus.

  • La troisième partie du cycle est la phase postovulatoire ou lutéale. La LH induit la transformation du follicule post-ovulatoire en corps jaune et stimule ses sécrétions d’hormones sexuelles, oestrogènes et progestérone. Elle dure environ 14 jours.



Déroulement du cycle utérin


Le premier jour des règles correspond au 1er jour du cycle menstruel. Sous l’action des variations cycliques des concentrations d’oestrogènes et de progestérone, l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’utérus) évolue de façon cyclique. Les modifications physiologiques de l’endomètre sont coordonnées avec les activités de l’ovaire pour permettre l’implantation d’un embryon au sein de l’utérus, suite à une fécondation éventuelle.

Le cycle menstruel ou utérin est divisé en 3 phases parallèles au cycle ovarien.

  1. En fin de cycle, la chute des taux d’oestrogènes et de progestérone entraîne la desquamation de l’endomètre : cette phase est matérialisée par les menstruations (les règles). Elle dure de 3 à 5 jours.

  2. Entre le 5ème et le 14ème jour, les oestrogènes stimulent la reconstitution de l’endomètre : c’est la phase proliférative.

  3. Au cours des 14 jours suivants, la progestérone contrôle le développement de la vascularisation de l’endomètre en prévision de l’arrivée d’un embryon : c’est la phase sécrétoire.


Le caractère pulsatile de la sécrétion de la GnRH (une décharge environ toutes les heures) au niveau de l’hypothaamus, et donc de la FSH et de la LH au niveau de l’hypophyse, puis des oestrogènes et de la progestérone au niveau des ovaires est une condition essentielle pour le bon déroulement du cycle menstruel.

Cycle menstruel et pilule contraceptive


Sans vouloir rentrer dans un débat sur les moyens de contraception, il est important de préciser que :

  • la pilule libère des hormones qui se substituent aux hormones naturelles et qui perturbent ou bloquent le cycle menstruel naturel, il n’y a donc pas d’ovulation.

  • les « règles » sous pilule ne sont vraiment des règles, elles correspondent à une hémorragie de privation, ces saignements sont souvent moins abondants et de plus courte durée que les règles naturelles.

Impact du stress sur le cycle menstruel


Votre chef d’orchestre, l’hypothalamus, est en charge de nombreuses fonctions vitales telles que la faim, la soif, le sommeil, la température corporelle, la réponse au stress… Cette dernière est différente d’une personne à l’autre, mais les hormones du stress sont toujours prioritaires sur celles du cycle menstruel. Il s’agit d’un mécanisme archaïque de survie.


L'augmentation des niveaux de cortisol, l'hormone du stress (en savoir plus), impacte la fonction normale de la GnRH, retardant ou empêchant la hausse de LH avec pour conséquence l'absence d'ovulation. De plus, en situation de stress chronique, la glande corticosurrénale détourne un précurseur de la progestérone, la prégnénolone, afin de lui permettre de synthétiser encore plus de cortisol. Cette situation mène à des perturbations dites fonctionnelles : arrêt des règles, retard de règles sans grossesse, saignements anormaux en dehors de la période normale des règles, règles irrégulières, règles douloureuses, règles abondantes, règles trop peu abondantes, troubles de l’ovulation, syndrome prémenstruel…


Les troubles du cycle menstruel sont toujours anormaux et justifient une consultation médicale auprès de votre gynécologue. Ils peuvent être le signe d’une pathologie que seul un médecin peut diagnostiquer (SOPK, polype, fibrome, endométriose…) ou de l’entrée dans la pré-ménopause.



La naturopathie, votre alliée en cas de troubles fonctionnels


Le naturopathe vous accompagne dans la mise en place d’une meilleure hygiène de vie. C'est primordial lorsque vous rencontrez un dysfonctionnement dans votre cycle menstruel :

  • une alimentation saine et équilibrée basée sur la chronobiologie : éviter les perturbateurs endocriniens, manger le bon aliment au bon moment de la journée pour favoriser la production des neurotransmetteurs et des hormones, adopter une alimentation anti-inflammatoire, penser au magnésium, au zinc, aux vitamines B, aux omégas 3, aux protéines digestibles, aux index glycémiques, pratiquer la détox… Rappelez-vous de ce que disait Hippocrate : "Que ton aliment soit ton médicament".

  • une meilleure gestion de votre stress à l’aide d’exercices de respiration, de massages, de plantes ou d’huiles essentielles

  • un accueil et une acceptation du caractère cyclique de vos émotions à l’aide des fleurs de Bach ou d'autres plantes

  • sans oublier la pratique d’une activité physique adaptée : yoga, tai-chi, qi-gong… à chacune de trouver ce qui lui plaît et lui fait du bien !

Je recommande souvent de tenir un journal, d'y noter ses symptômes, ses repas, ses émotions... Cela permet de bien se connecter à son corps et à son ressenti et d'être à l'écoute de tout ce qui s'exprime !



Crédit photo : Ava Sol - Unsplash.


Parfois une vidéo vaut plus que des mots !



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